Architecte et scénographe, Olivier Bedu conçoit depuis 2003 des espaces où la fluidité des circulations importe autant que la halte ou le séjour. Les expériences spaciales qu’il construit, entre immersion et dilatation, s’appuient sur une attention soutenue à la spécificité du cadre dans lequel il intervient.

Ses scénographies pour le Mucem invitent le spectateur à un jeu d’allers-retours avec les œuvres ; des méandres créent du vu et du non-vu, animent un parcours qui autorise les moments de recul. Dans le Banc de sable de la place François-Moisson, à Marseille, c’est un effet de dénivellé qui fait cohabiter la pause et le déplacement pour que chacun, en mouvement ou à l’arrêt, trouve sa place, son confort. Autre manière de jouer avec le flux, la façade du Bureau des guides, sur la Canebière, a été repoussée pour créer un espace intermédiaire, un recoin aux multiples usages : découvrir une proposition artistique sans franchir de porte, s’abriter de la pluie, trouver un refuge. Cette zone de retrait brouille les frontières entre espaces public et privé. Dans la sphère intime, le décloisonnement d’un appartement du Vieux-Port a installé le déplacement au cœur du lieu de vie. Quelques marches créent un espace bureau-salon sans entraver le regard.

Dans les différents projets, les obliques, les formes assemblées, le jeu avec le niveau du sol créent des perspectives, des champs de vision, rendent sa fluidité à l’espace tout en préservant des zones de repli. La souplesse accordée au lieu fait écho à celle qui se développe au moment de la commande dans le dialogue avec le commanditaire.